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La nouvelle réglementation européenne sur l'ajout
de matières grasses végétales dans le chocolatLa directive autorisant les chocolatiers de l'Union Européene à incorporer dans le chocolat jusqu' à 5 % de matières grasses végétales autre que le beurre de cacao a été avalisée la semaine dernière par le Parlement Européen, en dépit des protestations des défenseurs du vrai chocolat, principalement français et belges.
A près trois ans de procédures, le couperet de l'hamonisation européenne est tombé sur le marché du chocolat.
Cela permet avant tout aux producteurs de réduire de 1 à 2 % leurs coûts de production, en limitant l'utilisation du beurre de cacao, qui représente 8 à 9 % du prix total du chocolat.Le Royaume-Uni, l'Irlande, le Danemark ont depuis très longtemps adopté les matières grasses végétales (MGV) dans leur chocolat, suivi depuis par la Finlande, la Suède, le Portugal, l'Autriche. Les 8 autres pays qui produisent 71 % du chocolat vendu en Europe sont restés puristes et ont toujours refusé ces adjonctions.
Désormais le chocolat contenant des MGV pourra non seulement être produit dans toute l'Union mais aussi circuler en toute liberté. Son emballage devra néanmoins mentionner que le produit contient des MGV.
Fort heureusement le vrai chocolat pourra toujours être produit mais ses débouchés risquent de s'amenuiser.
Malgré le combat mené par un certain nombre de parlementaires, la portée du texte n'a pas été réduite.
Les luttes pour obliger à un étiquetage plus clair avec une mention sur la face avant des emballage du style "contient des MGV" n'ont pas abouti.Pour l'instant seuls six matières grasses végétales obtenues uniquement par raffinage pourront entrer dans la compostion du chocolat : illipé, huile de palme, sal karité, kokum gurgi et noyaux de mangue.
Ce texte est une bénédiction pour les multinationales du chocolat qui se partagent 80 % du marché en produisant aussi bien des chocolats pur cacao que des chocolats comprenant des MGV.
En revanche les petits productueurs indépendants continuant à travailler sans MGV subiront une concurrence accrue et pâtiront d'une image dégradée du chocolat.De plus cette directive est dramatique pour les pays producteurs de cacao et notamment le premier d'entre eux, la Côte d'Ivoire : alors que les cours du cacao ont déjà chuté, les pays africains risque de perdre plus de 800 millions de dollars par an en raison de la diminution de la demande.
Il sera également très difficile de vérifier que la limite de 5 % de MGV est bien respectée : selon les méthodes d'analyse ces 5 % officiels pourraient en réaliter représenter jusqu'à 40 % du poids total du chocolat fini
Pour en savoir plus sur la nouvelle législation
sur les Matières Grasses Végétales
consultez le dossier spécial sur le web du
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