L E S   M A N G E U S E S  D E   C H O C O L A T

De Philippe BLASBAND
Mise en scène Célia Nogues

avec les acteurs de la troupe : La Clique


AU THEO THEATRE  : 20 rue Théodore Deck – Paris 15e
M° Boucicaut / Convention

Du 21 janvier au 29 février 2004

Du mercredi au samedi à 21h15 – Le dimanche à 17h

Réservation obligatoire : 01 45 54 00 16

Mise en scène : Célia Nogues

Avec :
Valérie Parisot
Rita Neminadane
Juli Forbeau
Douceline Derreal

En partenariat avec COMEDIE

La Clique
Association Loi 1901 – SIRET I7585 652514 3
112, Rue Caulaincourt - 75018 Paris

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Heureux chocolat, qui après avoir couru le monde, à travers le sourire des femmes,
trouve la mort dans un baiser savoureux et fondant de leur bouche.
Anthelme Brillat-Savarin

L'histoire
Il les fait craquer, saliver, fondre, frissonner et pourtant il leur gâche la vie. Le chocolat, de gourmandise en plaisir, est devenu une drogue. Pour s'en délivrer, quatre femmes participent à une thérapie de groupe. Se doutent-elles de ce que dissimule leur obsession du chocolat ?
Ce délice de «tragi-comédie moderne» mêle humour et émotion.
Un thème original et des personnages attachants pour une pièce à croquer.

La troupe
Vibrant à l’unisson, les «Croqueuses de Choc’» mélangent tempos et personnalités.
Pétillantes d’énergie et de créativité, nos Croqueuses s’investissent dans toutes les étapes des projets.
 

Trois d’entre elles ont tourbillonné avec panache dans Les Bonnes de Jean Genet

Aujourd’hui, c’est avec régal qu’elles se lancent dans Les Mangeuses de Chocolat.

«Qui n’a jamais eu envie de se ruer sur une tablette de chocolat lorsque la vie semblait vide et sans issue?»

Nos quatre protagonistes pourraient faire leur cette remarque de Sylvain Le Bel. Ne sont-elles pas en effet plus victimes de mal-être que d’indigestion?

Point de commentaire superflu nécessaire à ce texte qui n’a pas la prétention de nous expliquer comment se déroule une crise de chocolatomanie ni même ce qu’est une thérapie de groupe… L’auteur nous le montre tout simplement dans un huis-clos moderne exclusivement féminin. Aussi, loin de moi l’idée de vouloir faire d’un texte profane, une mise en scène sacrée.
Optons plutôt pour une thérapie amateur, plus proche de l’ambiance d’une réunion «tupperware» que de celle d’une séance de psychanalyse à proprement parler.

Bien qu’elles viennent de milieux sociaux différents, de culture et d’éducation opposées, elles vont se réunir autour d’un même prétexte, une nouvelle drogue: le CHOCOLAT dont elles sont folles.

L’originalité de cette aliénation donne à nos personnages une couleur plus sympathique qu’intoxiquée. C’est donc dans la bonne humeur que se déroule la séance et ce, même si le texte de Blasband, apparemment léger, recèle au fond de véritables drames.
 

UN CONCENTRE DE FEMMES

Le spectateur va assister à la rencontre de quatre fortes personnalités qui vont se livrer tout en apprenant à se découvrir.  Quels vont être leurs rapports les unes aux autres?

Langues de vipères, courageuses, jalouses, bavardes, drôles, féroces, caractérielles, solidaires ou bien tout à la fois, elles nous dépeignent les traits légendaires de la Féminité grâce à sept scènes présentées en tableaux successifs.

Le 1er nous accueille dans une atmosphère de salle d’attente, le 2ème nous entraîne dans une ambiance plus dissipée tandis que le 3ème nous propose un jeu stérile. Quant aux suivants, ils oscilleront entre rébellion et réconciliation.
Cet enchaînement est ponctué par des «noirs», qui deviennent de fait d’éloquentes ellipses. En effet, pendant le «noir», nous ne sommes pas témoins de ce que partagent nos quatre Croqueuses de Choc.
Le temps passe : ½ heure, 1 heure peut-être ? Toujours est-il qu’elles sont déjà bien différentes du tableau que le public vient de quitter.
D’où l’importance dans cette mise en scène de la Création lumière qui sert aussi bien les quatre portraits que le rapport au temps. Elle devient un élément essentiel du décor. Quatre sièges sans époque et une table basse ordinaire feront office de «nulle part précisément» car ce n’est pas l’endroit qui nous intéresse ici mais qui?

Qui sont véritablement nos héroïnes, lesquelles, au fil d’une humeur tantôt joyeuse, tantôt chagrine, vont être amenées à se confronter?

L’Illuminée
Influencée à la fois par les Contemplatifs et Woodstock, notre petite médecin légiste recyclée en thérapeute tente de remplir sa mission avec la plus sincère dévotion. C’est aussi une femme de tête et d’études qui a emprunté aux Américains - dans ce qu’on leur connaît de plus farfelu - sa méthode thérapeutique. C’est ce qui explique son côté emphatique, tempéré cependant par sa tendance à conscientiser son auditoire qu’elle prend parfois pour une salle de classe.
Malgré sa disposition évidente au prosélytisme, la thérapeute ne fait pas nécessairement des adeptes…

La Cabotine
Liliane s’impose d’ailleurs en provocatrice face aux convictions du maître de séance. Comédienne dans l’âme, elle cherche systématiquement à reprendre la vedette dans le groupe dès qu’elle lui échappe. Très femme et tout sourire, elle possède l'art de se mettre en représentation. Son entêtement lui cause cependant quelques soucis dans sa relation aux autres mais son rapport intime avec le chocolat blanc en fait un personnage à la fois sensuel et lié à l’enfance.
Saura-t-elle percer la carapace qui l'emprisonne et dont elle ignore encore l'existence?

L’Eclopée
Elodie quant à elle est apparemment la plus à l’aise dans cette petite assemblée. Férue de psychanalyse, la thérapie quelle que soit sa forme ne semble plus avoir de secret pour elle.
Témoin d’un traumatisme de jeunesse, sa chaussure orthopédique nous révèle pourtant le caractère paradoxal du personnage. Elle boite mais semble l’ignorer. Cette contradiction s’applique à toute sa personnalité car elle fait partie de ceux qui peuvent désigner leur malaise du doigt sans pour autant s’en guérir.

Elle se connaît trop bien sans doute mais cela ne l’empêche nullement de souffrir.
A la poursuite incessante de la salutaire insouciance, Elodie est toujours en quête d’une dernière, toute dernière thérapie.

L’Inadaptée
Le pavé dans la mare, c’est la jeune Marielle. Elle n’a rien à faire dans ce genre d’endroit, du moins le croit-elle. Dès le début, elle trouble le bon déroulement de la séance par ses questions incessantes et son manque… d’ouverture! Elle est pourtant incollable sur le chocolat dont la seule évocation la fait frétiller de plaisir. C’est comme un compagnon rassurant qui la console de ses propres histoires qu’elle ne dévoilera jamais.
Sincère et impatiente, elle semble décidée à se délivrer de l’objet de son délice hic et nunc. Mais ce désir en cache un autre plus fort: celui d’intégrer un groupe. Et si elle jongle ainsi entre bougonnerie et bonne volonté, c’est surtout pour ne pas s’en exclure.

Qui n’a jamais entendu parler d’analyse freudienne, de thérapie de groupe, de brainstorming, ou de ces autres concepts dans l’air du temps? En revanche, qui soupçonnerait qu'une friandise si anodine puisse provoquer une réelle dépendance ? C'est là toute l'originalité de ce texte.
Le fil conducteur de notre travail est de cultiver ce décalage entre gravité et fantaisie.

Valérie Parisot, Rita Neminadane, Juli Forbeau et Douceline Dérreal mettent toutes les richesses de leur féminité au service de ce texte écrit par un homme.
 
 

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