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Le plaisir du chocolat
Radio Canada
05/09/2001
Selon une étude, manger du chocolat active les mêmes zones de plaisir dans le cerveau que l'alcool et les drogues dures. L'étude, menée par des chercheurs de Montréal et de Chicago, vient de paraître dans la revue «Brain».
Ces nouvelles données pourraient éclairer la question des processus d'accoutumance.
Par cette étude, les neurologues voulaient comprendre ce qui se passait dans le cerveau des mangeurs de chocolat. Ils ont recruté 15 volontaires et leur ont donné jusqu'à 75 carrés de chocolat chacun. Pendant l'expérience, ils les ont placés dans un tomographe pour analyser l'activité de leur cerveau. Au début, alors que le chocolat était agréable, certaines zones très particulières du cerveau sont devenues actives, pour être ensuite remplacées par d'autres lorsque la quantité de chocolat ingurgitée devenait excessive et provoquait le dégoût.Cette expérience a permis de noter que dans la phase de plaisir, une des zones la plus activée était le straitum, la zone liée au sentiment de motivation. C'est la même zone qui est stimulée par les drogues.
Cette corrélation pourrait éclairer les processus menant à la narcomanie. Elle pourrait également éclairer les processus menant aux troubles de l'alimentation, comme l'anorexie, qui pourrait n'être en fait qu'un dérèglement neurologique du sentiment de satiété.Lire sur le web de Radio Canada
Chocolat, TEP et conduites addictives
www.caducee.net
29/08/2001 -
Des chercheurs canadiens et américains ont utilisé la tomographie à émission de positons (TEP) pour identifier les zones du cerveau activées lors de la consommation de chocolat. Ils publient leurs résultats dans la revue Brain. D'après eux, cette approche permet de mieux cerner les régions cérébrales impliquées dans les comportements addictifs et les troubles de l'alimentation.
"Le problème lorsqu'on étudie les personnes dépendantes pour comprendre l'addiction est que nous ne connaissons pas leur cerveau avant que la dépendance soit établie ; Nous ne pouvons pas savoir quelles fonctions cérébrales ont changé", a expliqué le Dr Dana Small (Northwestern University, Etats-Unis) dans un communiqué.
Dans un article du numéro de septembre de la revue Brain, Small et ses collaborateurs décrivent l'étude de l'activité du cerveau en fonction du plaisir associé à la consommation de chocolat. Ils ont ainsi montré que l'activité de certaines régions, en particulier le cortex frontal et orbital et le mésencéphale, était d'autant plus élevée que le plaisir de consommer du chocolat était intense.
A propos de ces régions, les chercheurs soulignent qu'elles sont également activées lors de la consommation de produits qui entraînent une dépendance, comme la cocaïne.
Le Dr Small explique que ce système de "plaisir" éprouvé par la consommation de chocolat est un modèle de l'addiction efficace et sans danger.
L'étude a été réalisée sur 15 participants. Ces derniers devaient manger 40 à 170 grammes de chocolat. L'activité cérébrale était alors suivie par TEP au début de la prise de chocolat (plaisir) puis lorsque les participants avaient atteint un état de satiété. En d'autres termes, il s'agissait de suivre la réponse du cerveau selon que la personne éprouve une sensation très plaisante ou très déplaisante. Des régions différentes étaient activées dans ces deux configurations.
Source : Northwestern University.
Accès à l'article en ligne : http://www.caducee.net
www.afrik.com
15 juin 2001
Les vertus du karité dans le chocolat vont s'exporter
Amadou Atar
Le chocolat européen peut ne plus être constitué uniquement de beurre de cacao. De nouveaux débouchés s'offrent au beurre de karité. Une bonne nouvelle pour le Mali, gros producteur de ce produit.
15/06/01 : Le karité constitue un nouvel espoir économique pour le Mali. Son beurre s'exportera demain en Europe pour la fabrication de chocolat. Ce dernier n'est en effet plus assujetti à l'utilisation exclusive du beurre de cacao. L'Union européenne en a décidé ainsi.Connu pour ses nombreuses vertus, le karité dispose également des mêmes propriétés que le cacao et rend même le chocolat plus ferme. " Les points de fusion entre le cacao et le karité sont élevés et, sous la chaleur, le chocolat fond moins ", soutient un chercheur à l'Institut d'économie rurale de Bamako.
Le karité est un fort produit d'autoconsommation au Mali. Les habitants consomment le beurre et l'amande pour leurs besoins en matières grasses dans leur alimentation et aussi en cosmétique. " Le karité accompagne toute la vie d'un homme ", dit-on au pays. Bien que le marché soit ouvert aux Burkinabés et aux Ivoiriens, le karité reste avant tout un produit national. Il est donc difficile d'en évaluer la production exacte, ou son étendue sur le territoire. Les arbres de karité, dispersés dans la savane, poussent d'ailleurs tous à l'état sauvage.
Seules les femmes sont à la tâche
La cueillette et la préparation du karité sont des activités exclusivement féminines. Pour améliorer les conditions de travail, accroître la productivité et satisfaire les nouvelles demandes européennes, les chercheurs se plient en quatre : programmes de lutte contre les parasites, meilleure méthode de gestion, de sélection et de transformation et aussi amélioration du travail d'extraction du beurre.
De la cueillette à la préparation des fruits de l'arbre, les femmes font tout. Pour les aider dans leur travail, les experts ont mis notamment au point une presse qui augmente le rendement en karité. Les maliennes récupèrent désormais 50% de beurre au lieu des 40 % habituels, quand elles pilent l'amande.
Le karité rythme la vie du village. " La culture de l'olivier est profondément installée dans la culture méditerranéenne. Il en est de même pour le karité au Mali ", explique-t-on à l'Institut d'économie rurale. Huile de corps pour les Maliens, le karité séduit les chocolatiers étrangers. Le Mali s'en lèche déjà les doigts.
Le premier timbre qui dégage une odeur sort pour les 100 ans de Chocosuisse
Lundi 23 avril 2001
BERNE - Un timbre de 90 centimes dégageant une odeur de chocolat entrera en circulation le 9 mai. Le procédé constitue une première mondiale. Ce timbre marque le centième anniversaire de Chocosuisse, l'Union des fabricants suisses de chocolat. La Poste s'est réjouie de cette nouvelle innovation technique après le premier timbre en broderie au monde paru l'an passé.
Le nouveau timbre présente l'aspect d'un carré de chocolat avec un effet tridimensionnel. Vendu par feuille de quinze, il figure une plaque entière. Le timbre est enrobé d'une pellicule de vernis renfermant des millions de petites bulles.«Le chocolat et les timbres-poste sont des symboles de la tradition suisse à l’étranger, déclare Elsa Baxter, responsable de Timbres-poste et philatélie à la Poste suisse. Il était donc normal que nous finissions par marier les deux images.»
Résultat de cette union: un timbre de 90 centimes qui a l’aspect mais aussi le parfum d’un carré de chocolat. Pour ce faire, la feuille de quinze timbres est enrobée d’une pellicule de vernis. Une légère pression du doigt suffit à libérer une substance synthétique odorante.
Cette innovation, qui sera mise en circulation dès le 9 mai, est aussi la dernière production du fabricant de timbre Hélio Courvoisier pour la Poste suisse.
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La croisade du "pur beurre de cacao"
16 avril 2001
Les Français n'ont pas avalé la directive européenne autorisant l'adjonction dans le chocolat de graisses végétales autres que le beurre de cacao. Dans l'attente improbable d'une annulation de la mesure européenne, le parlement pourrait adopter un label distinguant le chocolat "pur beurre de cacao".
Michel Pelchat s’en va en guerre ! Le défenseur des quotas de musique française à la radio s’est trouvé un nouveau cheval de bataille, "un symbole de l’identité culturelle française gravement menacé", "un produit populaire" : le chocolat. Alors que les Français s’apprêtent à dévorer 35 000 tonnes de petits œufs et autres friandises de Pâques, le sénateur (RI) et quelques autres élus à sa suite ont bien l’intention de déterrer la hache de guerre à peine enterrée.
L’année dernière, l’Union européenne adoptait une directive permettant (dans trois ans) aux producteurs d’appeler "chocolat" des produits contenant autre chose que du cacao, du sucre et du beurre de cacao. Choquant ? A coup sûr pour les Français et la plupart de leurs voisins. Shocking ? Pas le moins du monde pour les Anglo-saxons, qui remplacent sans état d’âme le beurre de cacao par celui de karité, l’huile de palme ou de noyaux de mangue. "Peu de pays produisent du cacao, explique à tf1.fr Michel Pelchat, les multinationales veulent étendre le panel de leurs fournisseurs et trouver des matières premières moins coûteuses".
Un chocolat "pur beurre de cacao"
En attendant une annulation improbable de la directive, les Français ont pris les devants. Le parlement devrait très bientôt adopter une disposition permettant l’apposition de la mention "pur beurre de cacao" sur le chocolat ne contenant aucune autre graisse végétale. Une mesure bien accueillie, même par la Chambre syndicale des chocolatiers pourtant proche des multinationales. "Pourquoi s’y opposeraient-elles ? Elles peuvent vendre leurs produits sous le nom de chocolat", déplore le sénateur qui doute un peu de l’efficacité de la mesure : "Les gens ne tiendront pas compte du label, ils s’arrêteront au terme chocolat".
Le président de la Confédération des chocolatiers et confiseurs, Guy Urbain, n’est pas aussi pessimiste : "‘Beurre de cacao’, ça fait noble, ça parle, confie-t-il à tf1.fr, c’est le produit tel que le Bon Dieu l’a fait. Les gros producteurs ne sont pas fous : ils continueront à produire du chocolat authentique de peur de s’attirer les foudres des médias et des consommateurs".
Pourtant le label risque d’être source de confusion, comme le souligne Sylvain Margou, secrétaire général de la Chambre syndicale des chocolatiers. "Quand on parle de chocolat, on pense surtout aux tablettes mais il existe des quantités de friandises. La mention "pur beurre de cacao" concernera-t-elle toute la friandise ou uniquement le nappage ?"
Le chocolat en chiffres
410 000 tonnes de chocolat sont dévorées chaque année par les Français, ce qui représente...
7 kilos par personne tous les ans.
94% des Français consomment du chocolat au moins une fois par semaine et 17 millions en mangent tous les jours.
12 000 emplois sont assurés dans l'Hexagone par la filière chocolat
56 entreprises assurent 90% de la production française
5 mulinationales se partagent 80% du marché mondial et 70% du marché européen.Sources: Chambre syndicale des chocolatiers
Le chocolat : attention aux contrefaçons
Vendredi 13 avril 2001
A trois jours du lundi de Pâques, les gourmands s’apprêtent à déguster œufs, cloches et autres lapins, souvent sans savoir ce qu’ils contiennent. Or, depuis le 3 août 2000, une directive européenne, qui est loin de faire l’unanimité chez les professionnels, permet aux fabricants d’introduire des matières grasses végétales dans les produits, tout en gardant la dénomination "chocolat".
Le 24 juillet 1973, la Communauté économique européenne se dote d’une directive relative aux « produits de cacao et de chocolat destinés à l’alimentation humaine ». L’objectif est d’harmoniser les législations des Etats membres sur cette question de la plus haute importance…pour les gourmets. Si, dans son ensemble, ce texte répond de manière cohérente aux besoins des producteurs, des industriels et artisans, une pomme de discorde relative à la composition du chocolat se fait jour : la matière grasse naturellement contenue dans le beurre de cacao doit-elle être la seule admise? En répondant par l’affirmative, cette directive créa le mécontentement de certains Etats membres, comme le Royaume-Uni, qui traditionnellement introduisent des matières grasses végétales dans leur chocolat. Cette directive faisait donc obstacle à la « libre circulation des marchandises » dans l’espace européen. En effet, selon ce principe, « pour pouvoir être commercialisé dans un état, un produit doit être conforme à la législation des autres états ».
Seize ans plus tard, il semble que le « vrai » chocolat a perdu la bataille. Le 3 août dernier, le Parlement européen a adopté une nouvelle directive autorisant l’utilisation de matières grasses végétales (MGV) autres que le beurre de cacao. Cette réglementation a été prise au regard des progrès technologiques. Le texte autorise « l’ajout de MGV non extraites du cacao à hauteur de 5 % du poids total du produit » (article 2-1) et impose « la mention de cette composition de manière distincte dans la liste des ingrédients et à proximité de la dénomination de vente » (article 2-3).La guerre du vrai-faux
Dès lors, les Etats ont l’obligation de prendre toutes les dispositions législatives et réglementaires nécessaires pour se conformer à la nouvelle directive avant le 3 août 2003. Devant ce péril pour le chocolat de qualité made in France, le gouvernement de l’Hexagone ne reste pas les bras croisés. Dans le cadre du projet de loi sur les « Nouvelles régulations économiques », un nouvel article L. 112-6 du Code de la consommation sur le sujet est actuellement à l’étude devant l’Assemblée nationale. Ce texte dispose que « Les dénominations chocolat pur beurre de cacao et chocolat traditionnel et toutes autres dénominations équivalentes sont réservées aux chocolats fabriqués à partir des seules graisses tirées de fève de cacaoyer, sans adjonction de matière grasse végétale ».
Les professionnels du chocolat s’insurgent. Interrogée par MisterDroit, Catherine Chapalain, responsable de la réglementation de la Chambre Syndicale nationale des chocolatiers, souhaite que seule la dénomination "chocolat pur beurre de cacao" soit retenue : « Cette notion est juridiquement plus sûre et plus objective pour le consommateur. Au contraire, celle de « chocolat traditionnel » permettrait aux Anglais d’invoquer leur mode de fabrication, qui a toujours contenu des MGV ». Selon Benoît Villiers, directeur général de Cacao Barry, « jamais nous ne vendrons du chocolat finit [complété] avec des MGV ». Les « chocolatiers de l’authentique » craignent que cette mesure dégrade l’image de « l’or noir » chez les consommateurs et entraîne une baisse des prix sur le marché. Les pays africains producteurs de cacao font également grise mine. Ils craignent que l’Europe réduise ses importations. La Côte d’Ivoire, premier exportateur mondial, estime que la consommation européenne - son premier marché - pourrait diminuer de 15 %. Seuls les industriels français, regroupés au sein de l’ «Alliance 7» (Nestlé, Cadbury, Mars, Ferrero et Jacobs-Suchard), se déclarent satisfaits. Ces gros producteurs s’estiment enfin concurrentiels face à leurs homologues européens qui pratiquent déjà l’ajout de MGV.
Morale de l’histoire : lundi, puristes du chocolat, étudiez attentivement l’étiquette de la cocotte qui vous sera offerte. Vous saurez alors si on vous a pris pour une cloche.Caroline CHEVAUCHERIE
c.chevaucherie@misterdroit.com
La voix du nord
12 avril 2001
Pâques, chocolat et qualité
par Marc GROSCLAUDE
Pour les fêtes pascales, les Français croquent 10 000 tonnes de chocolat ; les confiseurs artisanaux misent sur la qualité des produits qu’ils utilisent.
JOUR J moins trois dans les confiseries.
Pâques arrive, mais les confiseurs se sont mis au travail depuis longtemps pour confectionner les chocolats qui seront dévorés en quelques semaines. En France, la consommation moyenne flirte avec les sept kilos par an et par habitant, loin derrière la Belgique et l’Allemagne où l’on en croque près de dix kilos.
Fête du chocolat
Dans l’Hexagone, quelque 10 000 tonnes sont consommées à Pâques (contre 33 000 tonnes à Noël et 140 000 tonnes sur l’année, barres chocolatées comprises). Les consommateurs privilégient les moulages d’oeufs, de poules ou de lapins, « qui constituent l’essentiel des ventes », constate Frédéric Lescieux, chocolatier artisanal à Valenciennes. Cette fête signifie pour lui et ses employés « d’oublier un temps les 35 heures à ce moment ». Un aménagement des horaires compensé par des recettes conséquentes, car cette fête représente pour son entreprise la production de près de 800 pièces en chocolat, soit un total de 400 kilos.
L’activité de ce confiseur suit au plus près les desiderata des clients. « On revient à l’oeuf traditionnel, c’est ce qui rappelle vraiment Pâques », explique Frédéric Lescieux. Le best-seller de la confiserie devrait être l’oeuf de seize centimètres de haut, fabriqué avec 300 grammes de chocolat et vendu 12,96 euros (85 F) l’unité.
La tendance est aussi aux chocolats fabriqués avec des crus de cacao bien particuliers, venant de Côte d’Ivoire, de Madagascar ou de Cuba. Cet aspect authentique est renforcé par l’engagement manifesté par les chocolatiers.
Qualité des produits
La maison Cluizel, installée près de Rouen, est un des trois gros producteurs français avec 1 000 tonnes de chocolat, loin derrière Barry ou Valrhona. L’entreprise met un point d’honneur à n’utiliser que des « ingrédients nobles » : dans son chocolat noir, il n’y a que du cacao, du sucre de canne et de la vanille de Bourbon.
Les matières grasses constituent le fond du problème. Depuis un an et l’adoption d’une directive par le parlement européen, une liste précise des ingrédients qui entrent dans la composition doit notamment être indiquée sur l’étiquette. Mais dans le même temps, les chocolatiers peuvent inclure dans leur chocolat 5 % de matières grasses végétales autres que le seul beurre de cacao, un ingrédient très cher par rapport à l’huile de palme ou au beurre de karité, mais qui se prête mieux aux contraintes de l’industrie en termes de temps de préparation, mais surtout de coût. Ces grands groupes internationaux se partagent 70 % du marché européen.
Autre question, celle de la « lécithine de soja ». Ce produit, très courant dans l’industrie agroalimentaire, permet de mieux homogénéiser le chocolat sans pour autant en modifier le goût. Mais qui dit soja dit, éventuellement, OGM. Des artisans comme François Lescieux se refusent à adopter de tels produits et choisissent leurs fournisseurs de chocolat en conséquence, quitte à avoir des coûts et donc des prix plus importants. Les consommateurs choisiront selon leurs goûts et leur appétit de chocolat.
Le Quotidien du Médecin
10 avril 2001Union sacrée pour la défense du vrai chocolat
Les sénateurs, toutes appartenances politiques confondues, ont décidé d'unir leurs forces au sein d'un groupe d'étude qui part en guerre contre la directive européenne autorisant l'ajout dans le chocolat de matières grasses végétales. L'enjeu est tout à la fois économique, sanitaire et gastronomique, explique au « Quotidien » le Dr Jean-François Picheral, vice-président de la section chocolat du Sénat.
Après les professionnels du chocolat qui avaient brandi l'étendard de la révolte contre la directive cacao-chocolat adoptée l'an dernier par le Parlement européen (« le Quotidien » du 21 mars 2000), c'est au tour des parlementaires de monter au créneau.
Contre les nouvelles normes bruxelloises, qui autorisent l'utilisation des matières grasses végétales à la place du beurre de cacao, les membres de la Haute Assemblée ont décidé de constituer une « section chocolat », au sein du groupe d'étude Economie agricole et alimentation, à la commission des Affaires économiques et du Plan.
Goût, qualité et tradition
Vingt-sept honorables parlementaires appartenant à tous les groupes politiques s'y sont collés, parmi lesquels deux représentants du corps médical, élus du département du Var : les Drs François Trucy, biologiste (Républicain indépendant), et Jean-François Picheral, radiologue (groupe socialiste).
Vice-président de la section (la présidence est assurée par Michel Pelchat), le Dr Picheral explique au « Quotidien » que la directive européenne est « profondément regrettable pour trois raisons au moins : la première est économique et compromet l'avenir de nos entreprises traditionnelles tout comme les pays exportateurs de cacao, principalement en Afrique, au profit des multinationales de l'agroalimentaire qui trouvent dans la nouvelle réglementation un moyen de produire à moindre coût ». Particulièrement exposée, une importante chocolaterie établie dans la circonscription du Dr Picheral, à Aix-en-Provence.
Deuxième argument invoqué, la sécurité sanitaire : « Les nouvelles dispositions autorisent les huiles de remplacement du beurre de cacao à concurrence de 5 % du produit. Or aucun système ne permet à ce jour de mesurer cette proportion, pas plus que de garantir la traçabilité des ersatz qui seront utilisés. »
Enfin, last but not least, la section chocolat, bien sûr, mène le combat du goût, de la qualité et de la tradition réuni s.
Pour le Dr Picheral, l'argument médical passe après, « même si, indique-t-il, il convient de se pencher sur certaines vertus diététiques du chocolat qui pourrait être protecteur vis-à-vis des maladies cardio-vasculaires grâce aux catéchines et aux flavonoïdes, qu'il recèle à des niveaux de concentration plus élevés que le thé » (« le Quotidien » du 13 mars 2000).
Les sénateurs ont bon espoir d'obtenir des autorités européennes l'apposition de la mention « pur beurre de cacao » sur le chocolat produit sans adjonction d'autres graisses végétales, tout comme, à l'inverse, la mention systématique « adjonction de graisses végétales autres que cacao » sur les produits non conformes à nos canons traditionnels.
Et comme la France dispose d'un délai, jusqu'en juin 2003, pour transposer dans son droit interne la directive communautaire, le Dr Picheral espère que sera remportée d'ici là, sur l'étiquette, la bataille du vrai chocolat.
Christian DELAHAYE
Le roi suisse du cacao dans le collimateur des Ivoiriens
04/04/2001
Source : www.swissinfo.org
Rien ne va plus en Côte-d’Ivoire pour le géant mondial du cacao. L’Inspection des finances accuse la Saco, filiale de la société suisse Barry Callebaut, d’avoir irrégulièrement transféré ses bénéfices à Zoug. Le gouvernement ivoirien réclame des millions de francs suisses au groupe qui conteste les faits.
La Société Africaine de Cacao (Saco) est une filiale ivoirienne de la société Barry Callebaut, dont le capital est détenu à 65% par le holding suisse Klaus Jacobs. Et elle est sous le coup d’un redressement fiscal de 106 milliards de francs CFA, soit 247 millions de francs suisses. Une somme que lui réclame donc le nouveau gouvernement du président Laurent Gbagbo.
L’enjeu de la bataille qui s’est engagée est à la mesure des protagonistes: le premier producteur de cacao, la Côte-d’Ivoire, contre le géant mondial du chocolat, la Saco. L’affaire débute par une enquête de l’Inspection des finances ivoirienne en février dernier, sur les comptes de la société Saco, filiale ivoirienne du groupe suisse Barry Callebaut.
Au terme des investigations, le fisc ivoirien révèle qu’environ 115 millions de francs suisses de profit ont été transférés illégalement par la Saco entre 1997 et 1999, grâce à des manipulations financières portant notamment sur le calcul du prix de vente à l’exportation des produits semi-finis obtenus à partir de la transformation du cacao.
Le montant du redressement fiscal est alors fixé à 247 millions de francs. Les responsables de la Saco contestent les résultats de l’enquête. Ils affirment qu’il s’agit d’un malentendu. Et disent vouloir créer les conditions d’un vrai dialogue avec le gouvernement.
Le redressement, jugé sans fondement, équivaudrait, selon eux, à deux années de chiffre d’affaires. L’enjeu est de taille pour le groupe Barry Callebaut qui produit en Côte-d’Ivoire 20% de son cacao, et qui représente 35% du chocolat acheté par des industriels de l’agroalimentaire dans le monde.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte général de lutte contre la fraude fiscale. Une lutte qui, selon des diplomates et des hommes d’affaires en poste à Abidjan, a pris ces derniers temps des allures de harcèlement.
Virginie Gomez, Abidjan
La Tribune
05/03/2001
www.latribune.frValrhona agrandit son site et son école de chocolat
L'objectif du chocolatier, qui réalise 40 % de ses ventes grâce aux clients internationaux de la restauration et de l'hôtellerie de luxe, est d'être reconnu comme un créateur haut de gamme.
Alors que Valrhona vient d'obtenir un permis de construire pour une surface de 13.000 m2 sur la zone artisanale de Tain-l'Hermitage (Drôme), l'entreprise s'interroge à nouveau sur le lieu d'implantation de sa future unité. Valrhona, dont les capacités de fabrication sont arrivées à saturation, pourrait bien grossir ailleurs que sur le lieu historique de Tain-l'Hermitage. La décision sera prise en 2001 pour que les travaux débutent en 2002.
La chocolaterie, qui date des années 20 et dont l'actionnaire unique est depuis 1984 le groupe Soparind, vient de boucler l'extension de son école du chocolat. Cette dernière, installée au sein de la chocolaterie de Tain, accueille chaque année des clients de Valrhona, professionnels de la pâtisserie, de la boulangerie et de la restauration, en formation. « Cette école s'intègre parfaitement dans la stratégie de développement de l'entreprise qui souhaite multiplier les services afin de créer de la valeur ajoutée autour du chocolat », explique Bernard Fournié, directeur administratif et financier de l'entreprise. Ainsi, Valrhona, qui vend 80 % de sa production à des professionnels, s'est lancé dans une segmentation de son offre complétée d'une gamme de services personnalisés (chocolats pour restaurateurs, bonbons, nappage spéciaux...). L'objectif du chocolatier, qui réalise 40 % de ses ventes grâce aux clients internationaux de la restauration et de l'hôtellerie de luxe, est d'être reconnu comme un créateur haut de gamme.
« Le mystère reste entier. » « Nous souhaitons que notre nom soit, comme pour le vin, associé à ce qu'il y a de meilleur », poursuit Bernard Fournié. Si l'entreprise qui compte 300 salariés ne juge pas nécessaire de s'étendre sur son savoir-faire, elle ne juge pas non plus utile de communiquer sur ses résultats. « Moins on en sait sur Valrhona plus le mystère reste entier », a coutume de rappeler la direction de l'entreprise qui se sent trop exposée à la concurrence pour jouer le jeu de la transparence.
Marie-Stéphane Guy, à Lyon
La Tribune
27/02/2001
www.latribune.frYves Thuriès s'attaque aux grands noms du chocolat
Lancés au début des années 90, les chocolats Thuriès génèrent 55 millions de francs de chiffre d'affaires consolidé. Grâce à sa communication télévisée, la PME a l'ambition de se hisser parmi les grandes marques nationales.
La scène se déroule dans un lit aux draps froissés. « Alors heureuse ? » interroge Rocco Siffredi. « Mouais. Mais ça ne vaut pas un chocolat Yves Thuriès », répond sa partenaire. Avant qu'une voix off ne conclue : « Le chocolat Yves Thuriès, c'est 20 centimètres de plaisir en tablette. » La PME de Marssac-sur-Tarn a choisi de mettre en scène l'acteur vedette du cinéma pornographique pour mieux vanter les mérites gustatifs de ses tablettes de chocolat. Un pari qui pourrait bien offrir au chocolat Thuriès une notoriété bien supérieure à celle que lui aurait procuré une campagne de communication plus banale. Surtout compte tenu du budget investi, 4,6 millions de francs (0,7 million d'euros), très faible à l'échelle de la communication télévisée et des investissements réalisés par les multinationales du secteur du chocolat (190 millions de francs par an, partagé entre Nestlé, Cadbury, Lindt et Kraft). Cette campagne publicitaire aux accents grivois, diffusée depuis le 23 février et jusqu'au 15 mars, met une nouvelle fois en lumière « l'agitateur », Yves Thuriès, maître pâtissier de son état, qui osait lancer en 1996 une tablette de chocolat signée de son nom en grande distribution, sur un marché énorme de 4,7 milliards de francs, verrouillé par les multinationales.
Quatre ans plus tard, Yves Thuriès a vendu 6 millions de tablettes en 2000, et son chocolat est présent dans 80 % de la distribution. Mieux connu dans le Sud-Ouest pour son hôtel restaurant le Grand Ecuyer, à Cordes, habitué à recevoir les grands de ce monde, Yves Thuriès a commencé à signer des chocolats, bouchées et tablettes, au début des années 90. Plutôt que de prêter son nom à d'autres, le maître pâtissier tarnais, deux fois meilleur ouvrier de France, a préféré investir lui-même dans la fabrication. C'est ainsi qu'il a injecté 15 millions de francs en 1999 dans le site de production de Marssac-sur-Tarn, qui emploie aujourd'hui 25 personnes.
En 2000, le chocolat Thuriès a généré 55 millions de francs de chiffre d'affaires consolidé, à travers deux structures à capitaux familiaux. Excellence SA, 15 millions de francs de chiffre d'affaires, contrôlée à 100 % par la famille Thuriès, fabrique et commercialise vers le réseau traditionnel. Acdis, société créée en 2000 (37 % Thuriès, 63 % Franck Dammann, son PDG), a pris en charge la commercialisation vers la grande distribution. Acdis pèse 40 millions de francs de chiffre d'affaires.
Nouveau concept. « Le succès du chocolat Thuriès en grande distribution s'explique d'abord par la signature de meilleur ouvrier de France, précise Franck Dammann. C'est le seul produit de grande consommation alimentaire signé de ce label. Mais également par notre capacité d'innovation. » Thuriès a été le premier en 1996 à lancer des tablettes avec un taux de cacao élevé, 72 % à l'époque. Il a également inventé le concept de chocolat marbré, breveté depuis, qui associe deux chocolats différents sans les mélanger. Aujourd'hui, Thuriès propose une gamme de neuf tablettes, sur le segment du chocolat dit de dégustation, mais il envisage de développer sa gamme vers les produits enfants et les chocolats de fin d'année.
Ghislaine Sinchet-Lassabe, à Montauban
CB-News -
22 février 2001
www.toutsurlacom.comLindt atteint les 99 % de cacao
Il aura fallu 5 ans de travail, dont 2 ans de mise au point du process industriel pour répondre enfin au souhait de 21,4 % des consommateurs de chocolat noir (1) impatients de savourer un carré parfaitement noir. Excellence Noirissime 99 % fait une entrée remarquée sur ce marché, puisque Lindt s'associe au lancement du film de Lasse Hallström réalisé d'après le roman de Joanne Harris : Le Chocolat. A cette occasion, les Champs-Élysées accueilleront une chocolaterie préparant les recettes du film et mettant en avant le 99 %. " Le design de cette tablette d'exception et contenant 50 gr de chocolat a été confié à Future Brand qui se chargera également de la refonte complète de la gamme. En revanche, aucune campagne publicitaire n'est à ce jour programmé sur cette nouveauté, précise Hervé Paul, de chez Alternative, l'agence gérant l'ensemble du budget publicitaire de l'entreprise pour la France.
(1) Echo Marketing - juillet 2000)Née en 1989, la gamme Excellence initiait le segment " dégustation ", destiné aux amateurs de chocolat noir, en annonçant un ambitieux 70 % de cacao. " Une première qui venait satisfaire le goût prononcé des Français pour l'amertume riche en saveur des chocolats fort en cacao ", explique Petra Staudenmaier, directrice marketing de Lindt & Sprüngli. Le succès est au rendez-vous, et quelques années plus tard, le spécialiste du chocolat suisse proposait encore plus fort avec Excellence 85 %. " Cette montée progressive en taux de cacao nous invitait à aller toujours plus haut, souligne Juan Casaponsa-Sitjas, pdg. Ainsi, nos équipes de recherche et développement s'entraînaient à atteindre le taux ultime ".
22/02/2001 - CB-News - Anne Lavaud
www.toutsurlacom.com
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15 Février 2001 - POLITIQUE - Brèves
Histoire d'un jour
Les Suisses adorent le chocolat : ils en mangent près d'un kilo par mois, selon des chiffres publiés mercredi par l'Union des fabricants suisses de chocolat, Chocosuisse. En l'an 2000, les Suisses ont consommé 11,9 kilos de chocolat, soit 8 % ou 400 grammes de plus qu'en 1999. Les ventes des 17 fabricants suisses de chocolat ont atteint le volume record de 138 373 tonnes en 2000, ce qui représente 1,226 milliard de FS (800 millions euros). La moitié de la production est réservée à la Suisse et le reste est exporté. Concernant l'export, l'année 2000 a été favorable, avec une hausse de 5,8 % du volume à 63 495 tonnes. La tablette de chocolat représente à elle seule 60 % du volume exporté. L'Allemagne est le principal marché pour le chocolat suisse, et absorbe 26 % des exportations. Le Royaume-Uni arrive en 2e position avec 11 %, suivi par la France avec 10 %.
Agence Sciences presse
Québec
12 février 2001
Des expériences chocolatées
L'augmentation du plaisir provoqué par le chocolat n'augmente pas nécessairement la consommation, estime le Dr Jordan Le Bel, professeur de marketing à l'École de gestion John Molson, de Montréal. Après des expériences sur le lien entre le plaisir et la consommation, le Dr Le Bel conclut plutôt que l'intensité du plaisir tiré de la consommation de chocolat est produit en grande partie... par l'attention que porte le consommateur à son expérience. Le plaisir ne croîtrait donc pas avec l'usage... mais avec l'attention.
Le chocolat noir est-il vraiment bon pour la santé ?
Source :The Mayo Clinic Health Letter
8 Février 2001
La consommation de chocolat noir, et surtout très noir, pourrait contribuer à l'allongement de la durée de vie. Parce qu'il contient beaucoup moins de sucre et de corps gras que les autres variétés de chocolat. Voilà pourquoi les auteurs d'une récente lettre d'information, diffusée par la célèbre Mayo Clinic de Rochester, estiment que le fait d'en consommer plusieurs fois par mois entraîne de réels bénéfices pour la santé.
L'effet protecteur de cette friandise serait lié à la présence de flavonoïdes, dont les propriétés anti-oxydantes sont connues. Ces substances se trouvent aussi en quantités appréciables dans le vin rouge. Or d'après de nombreux travaux, elles contribueraient à réduire les risques coronariens lorsque ce dernier est consommé avec modération.
Grâce aux mêmes flavonoïdes, le cacao est donc un inhibiteur de l'oxydation. A ce titre, il favorise le métabolisme du LDL-cholestérol qui abaisse le risque de maladies cardio-vasculaires, ainsi que de certains cancers.
Selon les responsables de la Mayo Clinic, la réduction de mortalité est optimale parmi les hommes qui consomment du chocolat à raison d'une à trois fois par mois. Attention tout de même pour tous ceux qui se laissent aller ! Au rythme de trois fois par semaine ou plus, ses effets bénéfiques s'annulent. Ainsi en va-t-il du chocolat comme de toutes choses dans la vie, la modération est souveraine...
Source :The Mayo Clinic Health Letter, février 2001
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Swiss info
14 février 2001
Le chocolat a aussi des vertus
Avec 12 kilos par habitant en 2000, les Suisses restent les plus grands consommateurs de chocolat au monde. Paradoxalement, cette boulimie n’alarme pas les diététiciens «Le chocolat, c’est bon, n’en déplaise aux rabat-joie ! Les études scientifiques démontrent que cette friandise n’a aucun effet néfaste sur la santé. Hormis une prise de poids», souligne Claude Pichard, médecin-chef de la division nutrition à l’hôpital universitaire de Genève
Le plus étonnant vient du fait que de récentes découvertes scientifiques confortent cette thèse: le chocolat pourrait en effet contribuer à freiner le développement des maladies cardio-vasculaires.
«Le chocolat contient des tanins du même type que ceux qui sont présents dans les thés ou les vins de Bordeaux, explique Claude Pichard. Et l’on sait aujourd’hui que ces substances permettent d’abaisser le taux de cholestérol LDL, celui qui est jugé néfaste pour notre système vasculaire.»
Le côté bienfaisant - voire apaisant - de la barre croquée entre deux stress quotidiens est souvent mis en avant par les amateurs de chocolat.
Les données scientifiques confirment-elles cette intuition? «En la matière rien n’est vraiment sûr, tempère Annie Thevenard, diététicienne à l’hôpital universitaire de Genève. Mais il se trouve que le chocolat contient bel et bien des substances susceptibles de stimuler certaines zones du cerveau.»
Un certain nombre de ces substances - la théobromine et la caféine - sont en effet reconnues pour leurs propriétés toniques et stimulantes. Mais, sous ses aspects doucereux, le chocolat dissimule aussi des compositions chimiques proches de celles des amphétamines. Des médicaments employés notamment comme excitants du système nerveux central.
Par ailleurs, le chocolat pourrait avoir des effets antidépresseurs. «Indirectement, ses sucres pourraient en effet stimuler la production de sérotonine, précise Annie Thevenard.» Un détail d’autant plus important que cette hormone naturelle joue un rôle prédominent dans la régulation du sommeil.
De ce fait, peut-on imaginer un risque de dépendance pour les adeptes du chocolat? C’est en tout cas ce que pensent la majorité des consommateurs. Et les scientifiques semblent leur donner raison.
«Les molécules du chocolat agissent au niveau des cellules cérébrales par le biais de certains récepteurs, explique Claude Pichard. Si la stimulation est jugée positive, sa reproduction est naturellement réclamée par les cellules concernées. C’est là, l’un des principes-clé de toute dépendance.»
Il fait ajouter à cela une autre forme de dépendance: elle est psychologique, liée au principe de plaisir et de récompense. Cela peut aisément déboucher sur une véritable manie du chocolat.
Le chocolat peut être bénéfique pour le moral. Mais une chose est sure, il ne fait pas bon ménage avec le régime minceur.
Vanda Janka
LE DEVOIR
mercredi 14 février 2001
Savourez bien votre chocolat, on ne sait jamais...
Judith Lachapelle
Si tous ne peuvent avoir de Valentin ou de Valentine en ce 14 février, tous peuvent au moins se consoler avec un morceau de chocolat. Mais, tout comme l'amour de l'être cher, il semble qu'il ne faille pas tenir le chocolat pour acquis. Des scientifiques américains surveillent attentivement la progression de certaines maladies qui ont déjà commencé à ralentir la production de graines de cacao ces dernières années. De quoi faire frémir les célibataires de la planète...
Il ne faudrait peut-être pas tenir le chocolat pour acquis, préviennent des scientifiques américains. La maladie fait des ravages dans les forêts tropicales où poussent les cacaoyers et menace l'approvisionnement mondial. Mais pas de panique: les chercheurs américains sont déjà sur les rangs et promettent de trouver une solution le plus tôt possible. En attendant, savourez bien votre chocolat. On ne sait jamais.
Cinq maladies menacent les cacaoyers, ces arbres dont les fèves contiennent le précieux cacao, ont découvert des scientifiques du département de l'Agriculture des États-Unis. Au Brésil, indiquent-ils dans le journal de l'American Phytopathological Society, la production de fèves de cacao a décliné de 400 000 à 100 000 tonnes métriques en dix ans. La responsable: une moisissure appelée Crinipellis perniciosa ou, plus poétiquement, le «balai de la sorcière» (witches' broom) en raison du fait qu'elle s'attaque aux branches et les dépouille de leurs fèves. La maladie frappe aussi les plantations du Pérou, de l'Équateur, du Venezuela, de la Colombie, de Panama et de Trinité-et-Tobago. Le Costa Rica et le Nicaragua sont également aux prises avec une maladie semblable. En Afrique, première région de production de cacao au monde, les pertes sont évaluées entre 30 et 90 % par année.
D'autres facteurs contribuent au déclin de la production de fèves de cacao, ajoutent les chercheurs, notamment les invasions d'insectes ravageurs, les pressions sociales pour cultiver d'autres aliments ainsi que des raisons économiques à cause de l'investissement à long terme que demande une plantation de cacaoyers. L'environnement où croissent les cacaoyers, la forêt tropicale, est aussi menacé par la déforestation.
Catastrophe!, diront les cacaomanes. Car le chocolat ne manque pas de vertus: de Montignac à la Clinique Mayo, les spécialistes se sont maintes fois penchés sur ce qui fait craquer les accros du cacao. Parmi leurs découvertes, le flavonoïde, un antioxydant présent dans le chocolat, qui aurait un effet protecteur contre les infarctus du myocarde, les ulcères et même le cancer. Des chercheurs japonais suggèrent même d'ajouter au chocolat l'enveloppe de la fève de cacao, qui protégerait les dents contre la carie!
Le chocolat, c'est aussi une expérience des sens. 85 grammes de chocolat noir contiennent autant de caféine qu'une tasse de café. La théobromine stimule le système nerveux sympathique et procure une satisfaction sur le plan cérébral. Un antidépresseur, quoi! Les alcaloïdes (substances chimiques) du cacao sont également semblables à ceux que l'on retrouve dans l'alcool, eux-mêmes liés au développement de l'alcoolisme. Ce qui expliquerait pourquoi les chocomanes ne sortent jamais sans leur tablette de chocolat. Quant aux vertus aphrodisiaques du cacao... elles sont souvent évoquées mais n'ont jamais été prouvées.
Mais tout fanatiques qu'ils soient, les amateurs de chocolat n'auraient pas un comportement nécessairement compulsif. Le professeur de marketing Jordan Lebel, de l'université Concordia, a étudié le plaisir que procure un carré de chocolat. Les (heureux) volontaires qui ont participé à son étude ont eu droit, pendant une certaine période de temps, chaque matin, à un plateau de leurs chocolats favoris ou de leurs chocolats les moins appréciés. S'ils ont plus docilement avalé leurs chocolats préférés, ils n'en ont pas nécessairement mangé davantage que des moins aimés, a noté M. Lebel.
«Dans le premier cas, chaque bouchée était satisfaisante, explique M. Lebel. Le désir d'en manger d'autre a donc été plus rapidement atteint. Il semble que quelque chose qui donne beaucoup de plaisir va assouvir plus vite le désir.» Les participants auraient eu à manger davantage de la variété qu'ils aimaient le moins pour être satisfaits. Par contre, a noté M. Lebel, à force de manger le chocolat qu'ils aimaient le moins, ils ont fini par l'apprécier. Dans un autre exercice, il a noté que les participants qui apprenaient à déguster un chocolat étaient prêts à payer plus cher pour un bon produit que ceux qui étaient distraits lors de leur consommation.
Depuis que Christophe Colomb a eu la bonne idée de ramener des fèves de cacao en Europe, en 1502, la consommation de chocolat n'a cessé d'augmenter. Selon des statistiques citées par la revue Forum l'an dernier, chaque personne consommerait quatre kilos de chocolat par an, soit environ la moitié d'une tablette de chocolat par semaine. Rien d'étonnant, donc, à ce que les chercheurs américains se sentent investis d'une mission capitale... «En tant que microbiologistes et spécialistes des maladies des plantes, nous devons découvrir et élaborer des stratégies pour diminuer les pertes dues aux maladies et sauver le chocolat pour le plaisir des consommateurs du monde entier.»
Et ce n'est pas une mince tâche, constatent-ils, parce que «la plupart des traitements qui fonctionnent dans certaines situations ne fonctionnent pas avec le cacaoyer», écrit le chercheur John Bowers. Des variétés de cacaoyers génétiquement modifiées pour résister aux maladies mijotent dans les laboratoires. En attendant de pouvoir les utiliser en forêt, les chercheurs développent des techniques de culture pour tenter de prévenir les maladies et contrôler les épidémies. Et ils se veulent rassurants pour les chocomaniaques. «Nous n'avons aucun doute qu'une combinaison de procédés et de découvertes nous aidera à préserver la santé des cacaoyers du monde. Nous avons seulement besoin d'un peu de temps.»
©Le Devoir 2001
En savoir plus :
http://enn.com
http://www.barc.usda.gov
Chocolat, beauté, forme
23 janvier 2001
Bains au cacao et cataplasmes de chocolat : l'Hôtel Hershey, qui a ouvert ses portes lundi en Pennsylvanie (est des Etats-Unis), propose des cures de rajeunissement insolites et veloutées. Ainsi, les clients peuvent prendre des bains bouillonnants mélangés avec un huitième de tasse de poudre de cacao non adouci et un tiers de tasse de poudre de lait écrémé instantané. Dans une autre salle, éclairée de bougies parfumées au chocolat, un des pensionnaires est enveloppé d'une riche boue de chocolat mélangée à de l'essence de cacao... Le chocolat favoriserait la circulation sanguine, tandis que le beurre de cacao hydraterait les peaux fatiguées. Gourmands s'abstenir.
LE POINT
8 septembre 2000
Découverte - Le coeur aime le chocolat
Bonne nouvelle pour les accros au chocolat : les polyphénols, qui sont des molécules antioxydantes contenues dans le cacao, auraient des effets bénéfiques sur les vaisseaux, et donc sur le coeur.
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